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Haiti: Les prévisions erronées de l'Etat [haitien] tuent encore des Haïtiens

By: haiticonnexion, 3:53 PM GMT on June 18, 2013

Onde tropicale/Dégâts

Les prévisions erronées de l'Etat tuent encore des HaïtiensLe Nouvelliste | Publié le :17 juin 2013 Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval

Trois départements : le Nord-Ouest, le Centre et l'Artibonite font le décompte macabre de la désolation après les pluies de la fin de la semaine dernière. Le gouvernement s'est réuni ce lundi et déjà, n'était les interrogations autour de l'utilisation des derniers fonds d'urgence, il faudrait, avec raison, décaisser des ressources pour cautériser les plaies ouvertes des victimes.
Premières pluies de la saison des pluies, premiers morts, premières inondations, premiers dégâts. Le ministère de l'Agriculture en porte la responsabilité et va sans doute en tirer avantage. Toute la machine de l'Etat haïtien est coupable, mais s'apprête à porter secours aux victimes.
Pourtant, ce ne fut rien de bien grave que ces premières averses de la saison. Ce ne sont ni des ouragans ni des dépressions tropicales majeures. Les pluies d'une simple onde tropicale.

Rien de grave, mais déjà des morts

Nous sommes fragiles, la population incrédule. L'environnement est dégradé et les zones à risque sont nombreuses. Mais voilà pour prévenir le danger, il faut que conscience soit prise qu'il y a danger.
Encore une fois, faute de ressources, la direction du Centre national de météorologie n'a pas produit les alertes adéquates à la situation, faute de moyens d'affiner ses prévisions. 
Des équipements modernes (ordinateurs, stations de mesure, etc.) qui doivent être installés depuis trois ans dorment encore dans des boîtes dans le petit local que le centre squatte à l'Office national de l'aviation civile (OFNAC). La dernière fois que Le Nouvelliste s'est enquis de leur sort, il y a moins d'un mois avant l'ouverture officielle de la saison cyclonique, le ministère de tutelle se faisait encore des promesses. Le technicien dominicain en charge du projet est mort en cours de route et n'a pas été remplacé.
Des sources bien placées indiquent que ces équipements reçus en don ne suffiront pas à changer la donne. Il faut plus encore.
Le ministère de l'Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, le ministère concerné par cette catastrophe dans la catastrophe, épuise les milliards de la République en projets oiseux, mais ne peut dégager les quelques dizaines de millions de gourdes qui permettraient de doter le pays d'un vrai système de prévision et d'alerte météorologique.
Faut-il croire que le peu d'empressement de bien alerter permettra d'accéder à des fonds d'urgence plus juteux pour réparer les dégâts des intempéries, surtout si on ne sait pas quelle est la force des vents ou le nombre de millimètres de pluie qui causent les dégâts...? Les mauvaises langues le disent...

Pas de pluviomètre

Ce lundi, sur les antennes de Magik 9, le responsable départemental de la direction de la Protection civile (DPC) n'a pas caché que la ville de Port-de-Paix, chef-lieu du département du Nord-Ouest, ne dispose pas de pluviomètre... Les rues de la ville et les environs de Saint-Louis-du-Nord étaient encore sous les eaux au moment où le responsable étalait le dénuement de la zone.
Le cas du Nord-Ouest n'est pas un exemple isolé : les pluviomètres, les anémomètres, les baromètres ne sont pas des instruments de mesure disséminés sur tout le territoire. Quand il en existe, le relevé des mesures n'est pas systématique, confesse un professionnel du secteur de la météo. « Souvent, nous y allons au pif », avoue-t-il.
Haïti, pays situé sur la trajectoire des cyclones, se trouve dans l'incapacité d'observer, d'étudier et de prévoir les phénomènes météorologiques. Incapable de déterminer la taille des pluies qui s'abattent sur son territoire ni de relever les niveaux d'eaux qui, d'année en année, provoquent des inondations. Les responsables sont donc incapables de décider à chaque fois s'il faut donner l'alerte ou pas.
« A l'approche des grands systèmes, pour agir, nous attendons de voir la réaction des pays qui nous entourent, cependant la dégradation de notre écosystème n'a rien de comparable avec la leur. 20 millimètres de pluie ici ne sont pas 20 millimètres de pluie en République dominicaine, à Porto Rico ou à Cuba, encore moins à Miami. Comme de toute façon nous ne pouvons pas savoir quand nous recevons 20 millimètres de pluie... la moindre pluie tue», explique, résignée, une source du secteur interrogée par Le Nouvelliste.

Pas d'alerte

Le bulletin de la météo pour le vendredi 14 juin, dernier jour ouvrable de la semaine dernière, ne faisait aucune recommandation particulière à la population. Seul le grand Sud, totalement épargné par les inondations, était appelé à une certaine vigilance.
Le bulletin disait ceci : « Situation synoptique dans la Caraïbe et sur l'Atlantique
La sixième onde tropicale de la saison (OT6) est localisée ce matin à l'Est de la République dominicaine. Elle est prévue de traverser les régions Sud d'Haïti d'ici ce soir. Par conséquent, des averses orageuses modérées à fortes et des épisodes de vents sont possibles sur le pays, notamment dans le grand Sud ce soir et demain.
Prévision pour Haïti
• Ensoleillé au cours de la journée ;
• Nuageux dans l'après-midi et dans la soirée; 
• Hausse légère des températures, mais plus ou moins agréables en milieu de nuit ;
• Des averses modérées et orages épars prévus sur les départements du Sud, du Sud-Est, des Nippes, de la Grand' Anse, du Centre, du Nord et du Nord-Est.
Tendances ultérieures
Samedi & Dimanche : Temps ensoleillé au cours de la journée ; nuageux dans l'après-midi avec possibilité d'averses et orages épars sur le pays. »

D'un bulletin à l'autre rien de particulier

Le bulletin du jour suivant, soit le samedi 15 juin, est encore plus curieux. Alors que les pluies ont déjà fait des ravages, les prévisions ne changent pas, mais un paragraphe tombe comme une brindille dans l'onde pour demander « aux habitants des zones à risques d'inondation, d'éboulement et de glissement de terrain de rester vigilants et d'appliquer les consignes pratiques de sécurité lors de ces activités pluvieuses et orageuses ». Rien de plus.
Le bulletin dit ceci:
« Situation synoptique dans la Caraïbe et sur l'Atlantique
L'axe de la sixième onde tropicale (OT6) de la saison continue son passage sur Haïti ce matin. Par conséquent, un temps nuageux accompagné de la pluie intermittente faible à modérée et des orages isolés sera attendu sur l'ensemble du pays pendant la journée ou la soirée.
Prévision pour Haïti
• Nuageux et pluvieux au cours de la journée et en soirée ;
• Températures supportables au cours de la journée, fraîches et agréables durant la nuit ;
• De la pluie intermittente faible à modérée et des orages isolés seront attendus sur le pays au cours de la journée ou en soirée.
En conséquence, Le CNM de concert avec le SPGRD et la DPC demande aux habitants des zones à risques d'inondation, d'éboulement et de glissement de terrain de rester vigilants et d'appliquer les consignes pratiques de sécurité lors de ces activités pluvieuses et orageuses.
Tendances ultérieures
Dimanche & Lundi : Temps partiellement ensoleillé au cours de la journée ; nuageux dans l'après avec possibilité d'averse et d'orages isolés dans certains endroits du pays. » 

Sortir de l'impasse

« Il serait trop facile de faire porter la charge de ce qui arrive au Centre national de météorologie qui ne dispose ni des moyens, ni du budget, ni de l'attention des autorités pour accomplir sa mission... les cadres font des miracles avec peu de ressources humaines et matérielles», croit un acteur qui évolue depuis des années dans le secteur.

«Haïti doit s'orienter vers un renforcement des capacités nationales de prévisions, passer d'un petit centre de météorologie, qui ne dispose même pas d'un local propre, à un vrai institut de météorologie. Dans le domaine de la prévention et de secours, il faut mettre la Direction de la protection civile du ministère de l'Intérieur en mesure de répondre aux catastrophes quand elles surviennent. En faire une institution solide et forte comme dans les pays voisins », estime notre source qui a souhaité conserver son anonymat.

Les catastrophes qui menacent Haïti sont diverses et nombreuses, la prévision et la prévention sont nos seules vraies armes, sinon des milliards en fonds d'urgence seront dépensés en vain à chaque fois. Et combien de vies humaines resteront irremplaçables...

 Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval





Flood Pollution Politics

Updated: 4:16 PM GMT on June 18, 2013

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Le ministère de l'Agriculture est dans l'oeil de la tempête

By: haiticonnexion, 4:29 PM GMT on June 07, 2013

Agriculture/Environnement (Le Nouvelliste)
Les premières averses démasquent les faux projets

Le Nouvelliste | Publié le :04 juin 2013 


Roberson AlphonseLe ministère de l'Agriculture est dans l'oeil du cyclone. A la chaîne des Matheux et ailleurs dans le pays, on exécute à ses frais des projets de réhabilitation de bassins versants, de profilage de berges de rivières. Le hic ? Ces travaux ne résistent pas toujours aux averses ni à l'évaluation, croient certains.

Un éclair déchire les nuages gris enrobant les cimes d'une colline dans la chaîne des Matheux. Quelques secondes filent et le tonnerre gronde. Des bananeraies tremblent. Une jeune femme, seins nus, peau d'ébène, mensurations de mannequin, met fin abruptement à sa baignade, en contrebas de la digue Probi, dans le lit de la rivière Courjolles, à Arcahaie. Sur son visage, l'inquiétude supplante l'insouciance. Et pour cause. « Une crue dévastatrice peut se produire à n'importe quel moment et on doit se préparer à toute éventualité », prévient Jean Claude Fedner, 37 ans, voisin de la jeune femme.
Cet agriculteur, franc, tance les exécuteurs des travaux de « reprofilage » des berges de cette rivière réalisés fin 2012. « C'est un travail bâclé. La rivière, mètre par mètre, grignote ces berges sur des centaines de mètres et finira par emporter encore plus de terre arable vers la mer », lâche-t-il, presque en face d'un bout de gabion semblable à un galion ayant fait naufrage. Ce costaud, les propos lourds de pessimisme, pense aussi que « le pays n'a pas de chef ». Soixante-douze heures après l'ouverture le 1er juin de la saison cyclonique, annoncée mouvementée pour le bassin de la Caraïbe avec 18 cyclones, dont 8 ouragans, des estomacs se nouent, des critiques fusent et les premières pluies démasquent. Les interventions effectuées sont souvent insignifiantes. Dans certains cas, on verse dans le cynisme en exécutant des projets bidon juste pour siphonner l'argent des bailleurs, peu friands des résultats. Des fois, c'est le ministère de l'Agriculture qui est maître d'oeuvre, confie l'agronome Joël Ducasse. Pire, ajoute-t-il, des contrats sont donnés dans certains cas à des cadres du ministère sous des prête-noms. Comme il n'y a pratiquement pas de supervision et aucun contrôle rigoureux, ces pratiques ont de beaux jours devant elles, soutient Ducasse, sur la route sinuese menant à Petit Bois, au nord d'un petit bassin versant surplombant la rivière Courjolles. Il illustre. Ici, des millions de gourdes ont été dépensées soi-disant dans des travaux de réhabilitation de ce petit bassin versant l'an dernier, indique Ducasse. Il peste en pointant du doigt une haie de plants de vétiver morts. Résistant en général à la sécheresse, ces plants n'ont pas été revivifiés (pralinage) avant d'être mis en terre, explique l'agronome Joël Ducasse, déplorant, à cause de ces projets bidon, la perte de 150 tonnes métriques à l'hectare à cause de l'érosion dans les environs. « Je réclame une enquête du Parlement, de la présidence sur ces pratiques illégales, immorales », lance Ducasse, convaincu de l'importance du vétiver si l'on veut réellement réhabiliter des bassins versants gravement érodés, grandement endommagés. Dans les piémonts et dans les environs de « Fandole », de « Passe Mathieu », la dégradation s'étend à perte de vue. Et étend l'immensité de la tâche à abattre pour réhabiliter ce massif dominant la plaine de l'Arcahaie ( nord de Port-au-Prince), l'une des plaines les plus riches d'Haïti. Dans d'autres régions du pays, on exécute ou prétend exécuter des projets poudre aux yeux, soutient le sénateur Francky Exius à la longue audition du gouvernement au Sénat alors que le soleil n'éclairait plus la chaîne des Matheux ce mardi 4 juin. Percutant, le sénateur dénonce, photos à l'appui, jusqu'à embarrasser le ministre de l'Agriculture, l'agronome Jacques Thomas, incapable jusqu'ici de sortir des sentiers battus, de mettre de l'ordre dans ce secteur. Dans l'Ouest, le Sud et ailleurs dans le pays, des projets pas catholiques et pompe à fric ont pignon sur rue. Au nom de l'urgence, selon un agronome un peu superstitieux. « Nèg Damyen pa jwe », ajoute-t-il, racontant des histoires d'ensorcellement dignes d'un roman de Gary Victor. Entre-temps, dans moins de vingt-quatre heures, des chefs feront de beaux discours devant les caméras à l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement alors que la dégradation n'est pas freinée. Des mots, des paroles emportés dans les eaux en furie de la rivière Courjolles. ..

Flood

Updated: 4:53 PM GMT on June 07, 2013

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